Le Théâtre de l'Imprévu
présente

Primo Levi et Ferdinando Camon : Conversations
ou le Voyage d'Ulysse


mise en scène Dominique Lurcel


Ménagerie de Verre - Paris
du 14 septembre au 23 octobre 1999


Relations publiques Catherine Guizard
Tél / Fax 01 46 07 61 80

Relations presse Pascal Zelcer
Tél : 01 48 02 44 94 Fax : 01 48 49 86 70

Primo Levi et Ferdinando Camon : Conversations
ou
Le Voyage d'Ulysse

D’après Ferdinando Camon: Conversations avec Primo Levi.
Editions Gallimard 1991


Adaptation
Eric Cénat, Gérard Cherqui et Dominique Lurcel

Mise en scène
Dominique Lurcel

Interprétation
Eric Cénat (Ferdinando Camon)
Gérard Cherqui (Primo Levi)

Lumières
Philippe Lacombe

Costumes
Elisabeth de Sauverzac

Avec le soutien
De la Ville d’Orléans
La Région Centre
Le CERCIL
L’Institut Culturel Italien

Du 14 septembre au 23 octobre 1999
Du mardi au samedi à 20h30

La Ménagerie de Verre
12 rue Léchevin 75011 Paris
Res : 01 43 38 33 44
Tarif : 80 - 60 Frs



FAIRE ENTENDRE LA VOIX DE PRIMO LEVI

" Cela me paraissait superflu, négatif même, nocif peut-être, de faire de la rhétorique. Il n'y avait pas besoin de souligner l'horreur. L'horreur était. Il valait mieux laisser les choses se raconter d'elles-mêmes. "
Primo Levi

" Ferdinando Camon s'entretient pour la première fois avec Primo Levi en 1982. Leurs conversations vont s'échelonner régulièrement, ensuite, jusqu'en 1986 (moins d'un an avant le suicide de Primo Levi). Ainsi, deux hommes se parlent. Deux écrivains deux "arpenteurs de mémoire" : l'un est de culture chrétienne, l'autre, on le sait, a vécu comme juif, quarante ans plus tôt, l'expérience d'Auschwitz.
Les échanges sont à la fois denses et fluides. Quel que soit le sujet abordé (Auschwitz, évidemment, et l'Allemagne - celle de Hitler et celle d'aujourd'hui - mais aussi le Goulag de Soljenitsyne, l'acte d'écrire, le métier de chimiste...) la tension de la pensée naît entre les interlocuteurs du sentiment d'urgence qu'ils partagent l'un et l’autre : urgence à communiquer, urgence à transmettre.
En dépit de la gravité du débat, cela n'est jamais écrasant, jamais désespérant. Cela provient de l'ironie de Primo Levi, de ses qualités de conteur, de son amour du langage, mais plus encore de sa lucidité, de son intelligence toujours à l'affût, tolérante sans compromis, chaleureuse sans sentimentalisme.
C’est l’image qu’en a gardé – et transmis- Ferdinando Camon. C’est celle qu’à notre tour, nous souhaitons que le spectateur conserve en lui, une image de pudeur, de simplicité, de douceur. Et puis, Primo Levi est mort trop tôt. Le théâtre peut lui redonner, à chaque représentation, un temps d’existence et de parole supplémentaires.

Créé en 1995, invité, la même année au Festival d’Avignon, ce spectacle n’a pas cessé d’être représenté depuis. Partout (des médiathèques au Scènes Nationales), il a rencontré une écoute intense, un accueil profondément ému. S’il a évolué dans sa forme, il est resté ce qu’il se voulait à l’origine : un travail de " passage de témoin ".
C’est la première fois, sur une longue durée, que ces Conversations sont présentées à Paris. "

Dominique Lurcel

BIOGRAPHIES

PRIMO LEVI

Primo Levi est né en 1919 à Turin, d'une famille juive émigrée d'Espagne au Piémont en passant par la Provence, en 1500. Titulaire d'un doctorat de chimie, il vient à peine d'entrer dans la vie professionnelle lorsqu'il est arrêté en décembre 1943 par les fascistes de la République sociale de Salo ; livré aux nazis en même temps qu'un millier de juifs italiens, il est déporté à Auschwitz. Il en sera libéré en 1945 par l'armée soviétique. Paru en Italie en 1947, son premier livre, Si c'est un homme, évoque la vie du camp, comme un peu plus tard La Trêve évoquera ses mois d'aventure à travers l'Europe après sa libération. Reconnu dans le monde entier, admiré par des écrivains comme Saul Below, Italo Calvino, Philip Roth ou Umberto Eco, Primo Levi a reçu les plus grands prix littéraires de son pays (Prix Campiello, Prix Strega, Prix Viareggio). Parallèlement à son activité d’écrivain, il fut ingénieur-chimiste puis directeur d'une entreprise de peinture turinoise jusqu'en 1965. Parmi ses ouvrages, qui ne sont pas encore tous traduits en français, citons La Clé à molette, Maintenant ou jamais, Lilith, Le Système périodique et Les Naufragés et les Rescapés . Primo Levi s'est donné la mort le 11 avril 1987.

FERDINANDO CAMON

Ferdinando Camon, né en 1935 aux environs de Padoue, est issu d'une famille paysanne et catholique. Il a publié tout d'abord un recueil de poèmes (préfacé par Pasolini) et deux ouvrages de "conversations critiques", l'un sur les poètes, l'autre sur les romanciers italiens contemporains. Ses romans, tous publiés en traduction française aux Editions Gallimard, évoquent la mort de la culture paysanne (Figure humaine, La vie éternelle, Apothéose), le terrorisme (Occident) ou la crise qui conduit nos contemporains sur le divan des psychanalystes (La maladie humaine, La femme aux liens, Le chant des baleines), ou ses souvenirs d’enfance sous le fascisme Jamais vu ni soleil ni lune.

LE THEATRE DE L'IMPREVU

Association loi 1901: création en février 1986
Subventionnée par la Ville d’Orléans, la Région Centre (ADATEC) et la DRAC Centre
Direction : Eric Cénat et Franck Jublot

    - Solitaire à deux
    Spectacle écrit et conçu par Eric Cénat et Franck Jublot
    Création à l’Espace Gérard Philipe (Orléans-La Source). Mai 1986
    Tournée en Région Centre
    - Les Amours de Jacques le Fataliste d’après Denis Diderot
    Adaptation Francis Huster/Mise en scène Franck Jublot
    Création à l’Espace Gérard Philipe (Orléans-La Source). Avril 1987
    Tournée en 1987/89
    Reprise en 1993/94 avec tournée en Allemagne
    -Cendrars-Desnos
    Spectacle poétique conçu et imaginé par Jean-Christophe Cochard
    Création au Moulin (Chartres). Mai 1988
    Nouvelle version créée au Théâtre de la Tête Noire. Novembre 1993
    - Les Caprices de Marianne d’Alfred de Musset
    En Coproduction avec le CAC d’Orléans
    Mise en scène : Franck Jublot
    Création au CAC d’Orléans. Janvier 1990
    Tournée ADATEC en 1991
    - Vies minuscules de Pierre Michon
    En coproduction avec la Fausse Compagnie
    Mise en scène Jean-Christophe Cochard
    Création au Théâtre de la Tête Noire. Avril 1993
    Reprise à Paris au Théâtre de l’Ile Saint-Louis en janvier/février 1998
    Tournée nationale (50 représentations)
    Enregistrement France Culture (réalisation Jacques Taroni)
    - Du Vian dans la tête
    Spectacle poétique et musical conçu et imaginé par Eric Cénat et François-Pascal Gadin
    Création à Saint-Jean de la Ruelle. Octobre 1996
    Tournée en Région Centre
    - Les Forçats de la route d’après Albert Londres
    Mise en scène Jacques David
    Création à Rennes. Juin 1999



LE METTEUR EN SCENE

DOMINIQUE LURCEL
Longtemps Professeur de Lettres, Dominique Lurcel n’a jamais cessé de pratiquer le théâtre. Après des études théâtrales avec Bernard Dort, et une pratique du théâtre universitaire aux côtés de Philippe Léotard et de Jean-Claude Penchenat, trois rencontres " fondatrices " ont marqué son parcours. Avec Gatti, d’abord, dès 1968, dont il accompagnera plusieurs aventures et mettra en scène cinq de ses pièces – La première en 1969 les Hauts Plateaux, la dernière en 1998, aux Laboratoires d’Aubervilliers, La Machine excavatrice ; avec Jean-louis Hourdin, ensuite, en 1978 dans le cadre d’un stage sur le comique populaire. Enfin la publication de son livre Théâtre de foire au XVIII‘siècle (Ed.10-18C.Bourgois, 1983) va être à l’origine de sa collaboration avec Jean-Louis Barrault ; celui-ci découvre dans Théâtre de Foire les ancêtres des Enfants du Paradis, et en fait en 1986, le spectacle du 40ème anniversaire de la Compagnie Renaud-Barrault. Dominique Lurcel en sera le conseiller littéraire.

De 1981 à 1996, il a mené sans interruption des activités de formateur, d’abord dans le cadre de stages de formation/ réalisation organisés par la Ligue de l’enseignement, puis au Lycée autogéré de Paris où il a créé et animé l’atelier de formation/réalisation Théâtrale. Il y a notamment mis en scène : Gomez Arcos, Goldoni, Karl Valentin, Courteline, Tchekhov, Musset, Sischrovsky, Dario Fo, Shakespeare, Ben Jonson.

A partir de 1989, il met en scène successivement sur différentes scènes parisiennes, Büchner Lenz, Georges Perec Choses communes, Diderot Le supplément au voyage de Bougainville. Il co-crée ensuite le Chant d’amour des alphabets d’Auschwitz de Gatti, puis il participe à la mise en scène de La journée d’une infirmière, toujours de Gatti. Suivent Passion Simple d’Annie Ernaux en 1993, Primo Levi Conversations avec F. Camon en 1995, Nathan le Sage de Lessing en 1996, En attendant Grouchy de Dubillard en 1997, Mistero Buffo Caraïbe au Théâtre de la Tempête en 1999.


LES COMEDIENS


ERIC CENAT
Formé au Conservatoire d'Orléans par Jean Perimony et Jean-Claude Cotillard de 1982 à 1985, Eric Cénat fonde avec Franck Jublot le Théâtre de l'Imprévu en 1986 pour y jouer les écrits d’auteurs tels que Denis Diderot, Alfred de Musset, Pierre Michon, Primo Levi, Ferdinando Camon et Albert Londres. Parallèlement à cela, il travaille avec différents metteurs en scène : Jacques Bondoux, Claude Bonin, Jean-Christophe Cochard, Jacques David, Patrice Douchet, Stéphane Godefroy, Madeleine Gaudiche, Gérard Linsolas, Philippe Lipschitz, Dominique Lurcel, Claude Malric, Roland Shön). Il interprète des textes d’auteurs aussi divers que: Louis Aragon, Wolfang Borchert, Jean-Louis Bourdon, Bertold Brecht, Gilles Costaz, Pierre Christin, David Edgar, Ben Jonson, Markus Koëbli, Marivaux, Philippe Lipschitz, Arthur Schnitzler, Martin Speer, Jules Renard, Tennessee Williams...



GERARD CHERQUI
Formé notamment à la Royal Academy of Dramatic Art à Londres où il a vécu en 1986/87, Gérard Cherqui joue principalement au théâtre sous la direction de Frédéric Fisbach, Marianne Merlo, Maria Zachenska, Dominique Lurcel, Patrick Haggiag, Gilles Bouillon, Ruth Handlen, Chattie Salamon... avec lesquels il interprète Brecht, Kafka, Strindberg, Tchekov, Shakespeare, Lessing, Marivaux, Molière, Pellet... Il participe à différents ateliers (AFR) sous la direction de Jean-Pierre Sarrazac, Robert Cantarella, Jean-Louis Benoit, Dominique Lurcel, Jean Lacornerie, Anna Furse.
Il tourne pour la télévision et le cinéma dans des films réalisés par Charlie Van Damme (Le joueur de violon), Pascal Aubier, Bob Swain, Ian Toynton. Il est également l’auteur de dramatiques (théâtres et radiophoniques) et scénario (court-métrage). Depuis 1995, il participe aux Commandos d’écritures avec Madeleine Laïk. Il a réalisé quatre courts-métrages, dont Vert Quoi Vers Où (avec Mathieu Amalric).


LA PRESSE

" En adaptant ces conversations à la scène, Dominique Lurcel est resté fidèle à la lettre comme à l'esprit du travail d'élucidation de Levi. La mise en scène et la scénographie minimales, gouvernées par la figure du cercle, mettent à nu le cheminement perpétuel d'une intelligence qui considère et reconsidère, inlassablement, les données de l’énigme. Le théâtre, ici, ne se contente pas d'assumer le "devoir de mémoire", il est une propédeutique à l'intelligence du monde comme il va et, ce faisant, accomplit sa fonction éthique et politique, sans compromis ni démagogie. Dans les rôles de Levi et Camon, Gérard Cherqui et Eric Cénat sont étonnants de justesse ".
(Jean-Pierre Simeon/L'Humanité)

" C'est un spectacle admirable, c'est un des plus beaux que l'on peut voir en ce moment au Festival, une des plus belles choses que j'ai pu voir ces jours-ci et j'ai vu beaucoup de spectacles. C'est un très beau livre; pour moi, c'est un livre très important et je craignais effectivement que ce qu'on peut appeler une parole vraie, non pas une parole qui détient la vérité, mais une parole qui recherche la vérité, j'avais peur que cette parole-là, en passant au théâtre, en devenant publique, soit criée, soit déclamée et que soit perdu l'essentiel du livre, à savoir la recherche d'une énigme. Or, j'ai pu voir qu'au contraire, l’énigme était recherchée et toujours présente ".
(Jean-Pierre Milovanoff/France Culture/ Les nuits magnétiques)

" C'est un spectacle très sobre, très fin. Le comédien qui joue Primo Levi est absolument fantastique: il s'appelle Gérard Cherqui. Il a une intelligence du jeu et a été admirablement dirigé par Dominique Lurcel. Vraiment, je conseille à tout le monde ce spectacle, il faut absolument l'encourager, le suivre, parce qu'on apprend beaucoup. Il y a une beauté dans la pensée de Primo Levi. C'est absolument magnifique ".

(Annie Cohen/France Culture/ Le Quatrième Coup)

" Fascinante rencontre que celle de ces deux hommes, de ces deux arpenteurs de mémoire, qui par la magie d'un spectacle et d'une radio, nous livrent des échanges mettant tous nos sens en alerte. Difficile d'écouter passivement ces conversations. On les vit. Avec passion, révolte, émotion. Ce n'est pas à une leçon d'histoire ou de morale que l'auditeur est convié. Mais plutôt à une page d'humanisme pétrie d'intelligence et de tolérance, dont on ne veut pas perdre un mot ".
(Sandrine Lajus/Le Nouvel Observateur)

" Un spectacle émouvant et profond, qu'il convient de saluer. Sur scène, deux comédiens remarquables. Rejetant les effets, Eric Cénat et Gérard Cherqui se concentrent sur l'essentiel. Ce texte humain et authentique, ils se l'approprient et nous font oublier où nous sommes, dans une salle de théâtre. Quant à la mise en scène, elle est la chambre d'écho où résonnent à l'infini de simples paroles ".
(Thierry Guérin/La République du Centre)


" Dès le début de leur conversation, l'émotion vous gagne; peu de temps après, on est bouleversé, on le restera jusqu'à la fin. Peut-être parce que ces deux hommes, Eric Cénat et Gérard Cherqui, sont deux très grands acteurs qui remplissent tout l'espace théâtral, et votre sensibilité par la qualité de leurs silences, des sourires retenus, de la discrétion dans la façon de parler. Ils ne décrivent pas l'horreur, ils ne l'évoquent même pas. Cela va beaucoup plus loin que de décrire l'insoutenable ".
(Roland Le Molle/Le Dauphiné Libéré)

" Conserver la mémoire du nazisme et de la solution finale pour mieux en éviter le retour, essayer de comprendre "comment cela a pu arriver", tels sont les thèmes des échanges denses et limpides que deux acteurs nous livrent sur scène, sans reconstitution scénique, sans fiction. Eric Cénat et Gérard Cherqui font un travail remarquable de rigueur et d'intelligence. Discussion dans un parc italien, ou ombres chinoises devant un nouveau mur des Lamentations, cette promenade n'est jamais pesante. Tout l'art des comédiens consistant à communiquer la nécessité, l'urgence de la parole. Quels que soient les thèmes abordés, les réflexions sonnent comme autant de mises en garde, mais n'excluent ni la douceur, ni l'humour. Primo Levi ne se pose jamais en juge, mais en témoin ".
(Raymond Languille/La République du Centre)

" Citoyenneté, respiration, nécessité, urgence... telles sont les caractéristiques essentielles de ce spectacle poignant de Dominique Lurcel où le théâtre lui-même s'impose de manière paradoxale par son infinie discrétion. On n'incarne pas des personnes réelles comme des personnages de fiction et Gérard Cherqui et Eric Cénat les acteurs remarquables de ce spectacle l'ont bien compris qui, loin de tout souci d'imitation, parviennent à faire entendre les voix profondes et contrastées de deux êtres foncièrement curieux l'un de l'autre et de l'humanité ".
(Marielle Créach/Lyon Poche)

" Attentif aux questions de Camon, Primo Levi ne cesse, au long de leur intense dialogue, de tenir le cap d’une exigence de neutralité qui ne donne que plus d’authenticité, si besoin était, à la description clinique, dénuée de pathos, de l’horreur des camps. Une ligne de conduite d’une probité intellectuelle, aux antipodes de la tentation du spectaculaire, où Primo Levi s’attache à comprendre et expliquer les rouages du nazisme et de la solution finale. Ce dialogue simple et profond d’une rare exigence, porté par l’interprétation sesible de Gérard Cherqui et Eric Cénat, s’achève sur un postulat implacable, source d’une vertigineuse interrogation: il y a Auschwitz... il ne peut donc y avoir de Dieu. "
La Gazette du Nord

Soutien de la fondation du judaisme